vendredi 31 mai 2013

La saison des cerises

Le jardin n'est pas très grand, mais Mamie et toi y avez planter beaucoup de fruitiers.

J'en ai passé des après-midi à grignoter des fruits : des fraises, des groseilles, des framboises (quand tu penses que maintenant je n'aime plus ça, les framboises... ça te surprenait toujours d'ailleurs ce changement de goût), des cassis... et des cerises.


Justement, cette fin de journée tu es perché dans le cerisier pour remplir les paniers. La saison est propice et les branches sont chargées de fruits. Elles sont bonnes vos cerises. Bien meilleures que celles de mon jardin qui sont des cerises aigres qui m'arrachent les glandes salivaires rien qu'à l'idée de les manger...
Alors que les tiennent, elles sont bien rouges, bien juteuses, bien sucrées.

D'ailleurs te voir en cueillir me donne envie d'en manger.
Mais tu es campé sur la meilleure branche, la plus confortable pour s'installer et picorer tranquillement.

Je l'aime bien ce cerisier. Les branches sont hautes, mais pas trop, ce qui me permet de grimper assez facilement, tout en ayant l'impression d'être super forte de parvenir à me hisser dans le feuillage.

Je n'ai pas la patience d'attendre que ton panier soit rempli, ce qui t'obligerait à descendre de l'arbre et me permettrait de te piquer la place.

Alors je ruse. Je prétends avoir très peur que tu ne tombes, que vraiment, Papi, je trouve ça dangeureux et que je veux que tu descendes.

Je ne sais pas si tu m'as cru, mais tu as fini par descendre.
Et à peine avais tu le dos tourné, que j'ai piqué ta place.
Je crois que tu as pesté après moi, pour la forme, me disant que j'exagerais. Peut être m'as tu dis que ce n'était pas bien de mentir, de prétendre avoir peur pour toi, alors qu'en fait, je voulais juste te prendre la place...

Mais ce que je crois, c'est que mon espièglerie t'as fait sourire.

Parce que, bien que tes petits enfants te fassent tourner parfois en bourrique, tu nous aimais et avais ce regard bienveillant sur les sales gosses qu'on pouvait être.
Il y a bien longtemps que tu ne montais plus dans le cerisier.
Pourtant c'est un souvenir assez présent dans ma mémoire.
Celui-ci et d'autres que tes enfants, tes petits enfants ont évoqués ce soir.
Et qu'on évoquera peut être demain si nos larmes et nos gorges serrées ne nous empêchent pas de parler.
Au revoir Papi.

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