vendredi 18 janvier 2013

Dis-moi comment tu parles, je te dirai comment je te comprends #1

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Tu m'écoutes papa ?
 
Je me souviens du premier mot qu'il a prononcé. Non, ce n'était pas papapapa, ni mamamama.
C'était "Enco". Pour encore donc. La première fois qu'il l'a prononcé, c'était pour manifester son envie de continuer à manger son petit pot.
"Enco". Et il aquiescait de la tête pour appuyer son mot.
Si jeune et déjà il avait tout compris. Savoir dire Papa ou maman, ne le nourrirait pas. Il n'obtiendrait rien de plus que des parents gagas qui s'extasieraient devant lui sans rien faire de concret. Aucun intérêt donc.
En revanche, ce "Enco", c'était clairement exprimer un désir non assouvi. Et c'était aussi le mot qui asservirait au mieux ses parents.
Pas assez mangé ? "Enco".
Pas assez jeter doudou par terre ? "Enco" pour que nous lui ramassions. Et qu'il le rejette par terre. Pour la 20ème fois. 
Pas assez rigolé ? "Enco" et Monsieur Ours et moi repartions dans nos clowneries pour entendre l'éclat de rire de ce petit tyran.
Pas assez de chanson ? "Enco"...
 
Bref, ce simple mot, tu ne réalises pas tout ce qu'il implique avant que ton enfant ne le prononce. Et manque de pot pour nous, il l'a prononcé tôt. 
 
Heureusement, depuis, son langage a évolué. 
 
Bien sûr, à son âge, la prononciation peut encore s'améliorer.
Chez nous les choses ne sont pas "petites", mais pôtites.
Chez nous, on ne dit pas "parce que", mais pâque. Plus simple.
Chez nous, on ne regarde pas un "feu d'artifice", mais un feu dentifrice
Je passe sur le son "je" qui pendant longtemps a été "ze" : "Moi, ze veux zouer à un zeu". Le cheveux sur la langue semble battre en retraite.   
 
Bien sûr à son âge, la syntaxe n'est pas irréprochable.
Par exemple, chez nous, les choses ne sont pas "très, très loin", elles sont très loin, loin.
Mon 3 ans et demi ne demande pas "est-ce que tu peux m'aider ?", mais "est-ce que tu peux me t'aider" (logique puisque nous lui demandons ""Tu veux que je t'aide ?")
Dans le même esprit, il nous dis "Tu peux me t'assoir ?" pour l'assoir dans sa chaise à table ou dans la voiture. (puisque nous lui demandons "tu veux que je t'assois ?")
Chez nous, les choses ne sont pas "à l'envers", mais à l'enverte
Dans les histoires qu'il nous raconte, il arrive que ça soit pareil, mais en pas en même
 
Bien sûr, à son âge, il arrive que les mots ne soient pas toujours employés à bon escient.
Un jour où je me bats avec ma cire épilatoire, ma tête blonde me demande :
- Tu mets tes piles maman ?
- Heu non mon chéri, je m'épile.
- Haaaa, d'accord, j'avais pas compris.
(Pourtant, il sait à quoi ressemble des piles... Je me demande encore où pensait il que j'aurais pu les mettre ses foutues piles. Enfin bref.)
 
Ou une autre fois, avec son père, alors qu'il est l'heure d'aller au lit, le Lutin pianote. Son père lui explique que c'est l'heure d'aller se coucher.
- Oui, attends, je finis mon bout de musique
- Ton morceau de musique tu veux dire ?
- Oui, mon bout. (Il faudra d'ailleurs que je lui explique qu'une succession de notes tapée au hasard et sans harmonie, ne s'appelle pas forcément musique, mais tintamare)(marabout, marabout, marabout, bout,bout... Bout d'ficelle, Bout d'ficelle, Bout d'ficelle, celle, celle...)(je sais que tu aimes bien quand je te mets des chansons pourries en tête).
 
Bref, l'apprentissage de notre langue est une longue période, occasionnant des incompréhensions, et du coup, des frustration, mais occasionnant aussi tellement de fous rire !
 
Et vous, comment ils parlent vos minis ? leurs erreurs de syntaxes les plus marrantes ? allez racontez ! 
 
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