lundi 11 juin 2012

Etats d'âmes

Maussade.jpg

Hier, j'étais d'humeur... maussade.

Ce n'est que le soir que j'ai compris.

Que je me souviens.
Depuis 4 ans, à cette même date, je suis pas bien. L'année dernière, je m'étais même effondrée en larmes après avoir déposé Le Lutin à la crèche.
Pareil, je n'avais pas compris, pas fait le lien. Je ne comprenais pas pourquoi je me sentais si mal : mais c'était le 10 juin.

Il s'est passé quoi le 10 juin 2008 ?
Rien. Rien d'extra-ordinaire. Juste une fausse couche.
Une simple fausse couche.

Tellement simple et banale cette fausse couche que j'y repense encore, une boule au ventre en me rappelant la première goûtte de sang le 3 juin, l'appelle à la gynéco qui me répond que "bon, ben faut attendre, je peux rien faire pour vous, si vous voulez, faites une échographie", l'échographie qui permet de voir que pour le moment tout va bien, les battements de son coeur, l'attente pendant 1 semaine et ce sang toujours présent.
Puis finalement, ce 10 juin. Plus de sang, les urgences, l'échographie, l'interne qui n'est pas sûr, qui ne voit pas d'activité cardiaque et que me demande de revenir dans 1 semaine pour controler.
Et puis cette douleur au ventre, ces toilettes dans lesquelles je sens mon embryon me quitter.

C'est certainement très banale une fausse couche. Pour les professionnels de santé. Mais pour les couples qui le vivent, c'est une épreuve. Physique et morale.

Avant cette fausse couche, Monsieur Ours et moi avons eu largement le temps de nous projetter, de nous imaginer parents, de donner un surnom, Petit Citron, à ce petit bout de vie qui était dans mon ventre.

Ca a été très dure pour nous 2. faire le deuil de cette grossesse et de notre bébé fantasmé. Faire le deuil de notre futur statut de parents.
Craindre qu'on ne sera jamais parent, que ça ne marchera pas.

Bien sûre que parent, nous le sommes devenu. On a un magnifique Lutin, plein de vie et de joie, qui nous remplit de bonheur.

Mais on a aussi un petit citron auquel on pense encore.

Depuis, on a joué de malchance.
Il y aura bientôt 1 an, sera le triste anniversaire de ma 2ème fausse couche. En novembre, celui de ma 3ème. En janvier, celui de ma grossesse extra utérine. Triste énumération.

Mais au moins j'ai désormais un gynéco qui m'écoute et me comprend. Qui ne considère pas que les fausses couches soient anodines.

Je sais qu'il y a tout un tas d'autres évènements qui peuvent paraitre "plus" graves aux yeux de certains. Mais parce qu'il y a pire, on peut se permettre de ne pas ou peu considérer la fausse couche ?

Je sais que je suis lu par au moins un professionnel de santé. Ne prends pas mal cet article, je ne pense pas que tu sois de ceux que je fustige ;-*

 

 C'était mon pavé dans la mare de la Mère Cane


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